Jon De Lorraine: Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités...
Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités.
L'affaire Hamza « La Douane » résume une partie du naufrage français.
On voit un adolescent multiplier les provocations, arroser des passants et des policiers, perturber des inconnus, se filmer, rechercher l’attention et transformer chaque transgression en contenu pour les réseaux sociaux.
Une séquence le montre également devant le domicile d’une femme, dans des circonstances qui ont suscité une nouvelle polémique.
Ce n’est plus une simple plaisanterie d’enfant : c’est une escalade permanente, encouragée par la visibilité, les abonnés et le sentiment qu’aucune limite sérieuse ne lui sera imposée.
Le premier scandale, c’est la démission des adultes.
À 14 ans, on ne devrait pas être livré aux réseaux sociaux , à la rue et à la recherche du scandale comme si la provocation était devenue un projet éducatif.
Les parents ont un devoir d’autorité, de surveillance et de protection. Protéger un enfant, ce n’est pas nier ce qu’il fait, excuser chacune de ses dérives ou expliquer qu’il est "gentil" malgré tout.
C’est lui retirer son téléphone, le ramener chez lui, lui imposer des règles et lui faire comprendre que la société n’est pas un décor dans lequel il peut humilier les autres pour produire des vidéos.
Le deuxième scandale, c’est la réaction d’une partie de la gauche, devenue tellement caricaturale qu’elle semble désormais incapable de juger un acte sans commencer par examiner le profil de celui qui l’a commis.
Dès lors que l’auteur correspond à une clientèle électorale qu’elle veut préserver, les faits disparaissent derrière un récit victimaire préparé à l’avance. On ne parle plus des personnes importunées, des policiers défiés ou des riverains excédés ; on transforme immédiatement l’auteur en symbole politique, comme si demander à un adolescent de respecter les autres relevait déjà d’une persécution.
Cette gauche ne protège pas Hamza.
Elle l’utilise.
Elle lui fait croire que toute critique de son comportement est une attaque contre ce qu’il est, alors qu’elle devrait lui rappeler une évidence : ses origines, son âge ou son quartier ne l’autorisent pas à tout faire. L’égalité, ce n’est pas l’impunité accordée à certains profils. L’égalité, c’est la même règle pour tous.
Hamza n’est d’ailleurs pas juridiquement intouchable parce qu’il est mineur. La justice des mineurs peut intervenir, prononcer des mesures éducatives et sanctionner. Mais dans les faits, le message envoyé est désastreux : plus il provoque, plus il devient célèbre ; plus il devient célèbre, plus des militants et des commentateurs viennent justifier son comportement ; et plus les institutions tardent à agir, plus il comprend que la transgression lui rapporte davantage que le respect.
Ce garçon n’a pas besoin d’être érigé en héros, ni transformé en monstre.
Il a besoin que les adultes reprennent enfin leur place.
Des parents qui assument. Une école qui ne renonce pas. Une justice rapide. Des réseaux sociaux qui cessent de rémunérer la dégradation.
Une classe politique capable de défendre les victimes sans calculer leur couleur, leur quartier ou leur utilité électorale.
Hamza n’est pas le problème à lui seul.
Il est le produit d’une société qui a remplacé l’autorité par l’excuse, l’éducation par la mise en scène, la responsabilité par la victimisation et les limites par la peur de déplaire.
À force de prétendre protéger les enfants de toute conséquence, on finit surtout par les abandonner à leurs pires comportements.
Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités.
https://x.com/jon_delorraine/status/2072982613153739237