François Bousquet: Il y a incontestablement un avant...
Il y a incontestablement un avant et un après Crépol, même si ce basculement reste à ce stade médiatique.
Jusque-là, quantité de victimes hésitaient à raconter ce qu’elles avaient vécu. Elles redoutaient moins l’agression elle-même que le procès d’intention qui suivrait : être soupçonnées de racisme, renvoyées à l’extrême droite, etc., suivant le mécanisme bien rodé de l’inversion accusatoire.
C’est ce qui m’a frappé tout au long de mon travail d’enquête : la difficulté des victimes à prononcer l’expression même de « racisme antiblanc ».
Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le racisme antiblanc n’a pas seulement été invisibilisé, il a été aussi frappé d’illégitimité.
De ce point de vue, la mort de Thomas a libéré la parole. L’expression est d’ailleurs révélatrice : si la parole se libère, c’est bien qu’elle était auparavant muselée.
https://x.com/Bousquet_FR/status/2080666567507947786