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Jon De Lorraine: La fermeture de comptes bancaires...

La fermeture de comptes bancaires est devenue un véritable sujet démocratique. En France, une partie de la gauche conserve un pouvoir culturel considérable : elle ne gagne plus toujours dans les urnes, mais elle continue de décider qui est fréquentable, quelle opinion est acceptable et quelle organisation doit être placée sous surveillance. Le mécanisme est simple : une campagne militante commence, des médias l’amplifient, des élus mettent la pression, puis les banques, les plateformes et les entreprises prennent peur. Elles ferment un compte, bloquent une collecte ou refusent un service, avant d’expliquer qu’il s’agit uniquement de conformité ou de risque réputationnel. En réalité, le privé finit par appliquer les diktats idéologiques du camp qui possède encore le pouvoir de salir publiquement ceux qui lui résistent. C’est ainsi que fonctionne la censure moderne : on ne vous interdit pas officiellement de parler, on vous retire les moyens matériels de le faire. Vous pouvez créer un parti, mais ne pas trouver de banque. Vous pouvez lancer un média, mais ne plus pouvoir encaisser de dons. Vous pouvez être parfaitement légal et pourtant être exclu du système économique sans condamnation, sans juge et sans recours suffisamment rapide. Le problème devient immense lorsque cela touche le financement politique. Certains partis trouvent des banques, des prêteurs, des soutiens et des relais avec une grande facilité ; d’autres doivent se battre simplement pour ouvrir un compte et participer normalement à la vie démocratique. Une élection ne commence pas le jour du vote. Elle commence bien avant, avec l’accès aux financements, aux salles, aux médias, aux prestataires et aux moyens de paiement. Sans parler du relai médiatique et du numérique. Quand un camp peut faire pression sur le public et le privé jusqu’à rendre ses adversaires incapables de se financer, le jeu est faussé avant même l’ouverture des bureaux de vote. Une démocratie ne consiste pas à tolérer les opinions que le système aime. Elle consiste à garantir aux opinions légales qu’il déteste les moyens de se défendre. Sinon, on ne parle plus de pluralisme. On parle d’une démocratie sous permission. Et peut-on encore parler de démocratie ?
Jon De Lorraine: La fermeture de comptes bancaires...
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Jon De Lorraine: Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités...

Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités. L'affaire Hamza « La Douane » résume une partie du naufrage français. On voit un adolescent multiplier les provocations, arroser des passants et des policiers, perturber des inconnus, se filmer, rechercher l’attention et transformer chaque transgression en contenu pour les réseaux sociaux. Une séquence le montre également devant le domicile d’une femme, dans des circonstances qui ont suscité une nouvelle polémique. Ce n’est plus une simple plaisanterie d’enfant : c’est une escalade permanente, encouragée par la visibilité, les abonnés et le sentiment qu’aucune limite sérieuse ne lui sera imposée. Le premier scandale, c’est la démission des adultes. À 14 ans, on ne devrait pas être livré aux réseaux sociaux , à la rue et à la recherche du scandale comme si la provocation était devenue un projet éducatif. Les parents ont un devoir d’autorité, de surveillance et de protection. Protéger un enfant, ce n’est pas nier ce qu’il fait, excuser chacune de ses dérives ou expliquer qu’il est "gentil" malgré tout. C’est lui retirer son téléphone, le ramener chez lui, lui imposer des règles et lui faire comprendre que la société n’est pas un décor dans lequel il peut humilier les autres pour produire des vidéos. Le deuxième scandale, c’est la réaction d’une partie de la gauche, devenue tellement caricaturale qu’elle semble désormais incapable de juger un acte sans commencer par examiner le profil de celui qui l’a commis. Dès lors que l’auteur correspond à une clientèle électorale qu’elle veut préserver, les faits disparaissent derrière un récit victimaire préparé à l’avance. On ne parle plus des personnes importunées, des policiers défiés ou des riverains excédés ; on transforme immédiatement l’auteur en symbole politique, comme si demander à un adolescent de respecter les autres relevait déjà d’une persécution. Cette gauche ne protège pas Hamza. Elle l’utilise. Elle lui fait croire que toute critique de son comportement est une attaque contre ce qu’il est, alors qu’elle devrait lui rappeler une évidence : ses origines, son âge ou son quartier ne l’autorisent pas à tout faire. L’égalité, ce n’est pas l’impunité accordée à certains profils. L’égalité, c’est la même règle pour tous. Hamza n’est d’ailleurs pas juridiquement intouchable parce qu’il est mineur. La justice des mineurs peut intervenir, prononcer des mesures éducatives et sanctionner. Mais dans les faits, le message envoyé est désastreux : plus il provoque, plus il devient célèbre ; plus il devient célèbre, plus des militants et des commentateurs viennent justifier son comportement ; et plus les institutions tardent à agir, plus il comprend que la transgression lui rapporte davantage que le respect. Ce garçon n’a pas besoin d’être érigé en héros, ni transformé en monstre. Il a besoin que les adultes reprennent enfin leur place. Des parents qui assument. Une école qui ne renonce pas. Une justice rapide. Des réseaux sociaux qui cessent de rémunérer la dégradation. Une classe politique capable de défendre les victimes sans calculer leur couleur, leur quartier ou leur utilité électorale. Hamza n’est pas le problème à lui seul. Il est le produit d’une société qui a remplacé l’autorité par l’excuse, l’éducation par la mise en scène, la responsabilité par la victimisation et les limites par la peur de déplaire. À force de prétendre protéger les enfants de toute conséquence, on finit surtout par les abandonner à leurs pires comportements. Les adultes doivent reprendre leurs responsabilités.