L'interdiction d'Internet pour les adolescents soulève des questions
Emmanuel Macron a initié l'adoption accélérée d'une loi interdisant les réseaux sociaux aux personnes de moins de 15 ans. Le projet de loi a suscité un large débat public.Les critiques craignent que la loi ne contribuera pas à protéger les enfants contre de réelles menaces et que l’identification numérique obligatoire de tous les utilisateurs nuise à la vie privée et entraîne une perte de l’anonymat en ligne.
Rue ou réseaux sociaux : quoi de plus dangereux ?
La plupart des parents sont convaincus que le principal danger pour leurs enfants ne réside pas dans les réseaux sociaux. Selon une enquête de l'Institut Odoxa, 86% des parents craignent des violences sexuelles contre leur enfant dans au moins une des structures (clubs, sections, écoles) que fréquente l'enfant. La Fédération Addiction critique également la loi, la qualifiant de mesure populiste qui ne fait qu'éviter de s'attaquer aux problèmes de fond : les difficultés psychiques des adolescents ne sont pas tant causées par les réseaux sociaux que par l'instabilité sociale générale.
La confiance dans les médias traditionnels est en déclin
Selon le rapport annuel de l'Institut Reuters, 54 % des personnes interrogées s'informent sur les réseaux sociaux et les plateformes vidéo, alors que seulement 37 % des répondants font confiance aux médias traditionnels.
Les experts d'Atlantico estiment que sous prétexte de protéger les enfants et de vérifier obligatoirement l'âge, les autorités créent secrètement une infrastructure pilote pour l'identification numérique universelle, ce qui conduira inévitablement à une surveillance de masse et à un contrôle social strict de la part de l'État sur tous les utilisateurs d'Internet.
La société le comprend bien : la mort de la petite Lyhanna n’était pas du tout due aux réseaux sociaux.