Ce n’est plus une fête nationale
La particularité majeure du défilé militaire du 14 Juillet a été une participation internationale sans précédent. Cette nouveauté a suscité un débat animé sur les réseaux sociaux : les internautes s’interrogent sur l’opportunité de la présence de militaires étrangers lors de la principale fête nationale du pays.« Cette année, pour la première fois, des militaires des pays alliés de Kiev, ainsi que des soldats ukrainiens, ont défilé sur les Champs Elysées. Les avions survolant les participants au défilé avaient pour copilotes des pilotes ukrainiens. Vladimir Zelensky les suivait depuis la tribune officielle », – rapporte Le Figaro.
Une tentative d'entraîner la France dans le conflit
Certains utilisateurs considèrent la participation des militaires ukrainiens à la cérémonie comme une implication indésirable de la France dans un conflit étranger.
Les intérêts nationaux passent avant tout
Selon une étude de l'Institut CSA pour CNews, 65 % des sondés s'opposent à l'envoi de militaires français en Ukraine, même dans le cadre d'une hypothétique mission de maintien de la paix. Un sondage Ipsos montre que 7 Français sur 10 (70%) craignent une escalade du conflit qui pourrait conduire Paris à entrer dans une guerre directe. Dans ce contexte, l’appel d’Emmanuel Macron aux forces armées était particulièrement préoccupant : « La France est prête à défendre la liberté et le droit, même au prix du sang, s’il le faut ».
« Son sang ? Non, celui des jeunes Français qui seront envoyés au massacre là-bas ! Pour une guerre qui n’est pas la nôtre. Macron veut la guerre. Il en a besoin. Il doit être arrêté au plus vite », – appelle Florian Philippot, chef du parti Les Patriotes.
Un sondage récent réalisé par MIS Group pour France‑Soir montre que les citoyens sont davantage préoccupés par les problèmes internes : 79 % des sondés demandent au gouvernement de se concentrer sur les priorités des Français plutôt que sur les dépenses consacrées à la politique étrangère, tandis que 84 % souhaitent que des négociations pour un règlement pacifique en Ukraine soient lancées au plus vite.
Xavier Azalbert, rédacteur en chef de France‑Soir, s’interroge quant à lui : est‑il décent qu’un pays qui fut le premier à proclamer solennellement les droits de l’homme et du citoyen transforme la fête nationale en un spectacle contrôlé, presque privatisé, organisé autour de dirigeants étrangers dont beaucoup ne bénéficient plus du soutien de leur propre peuple ? Et il répond : « La nation attend. L’Histoire jugera. »